vendredi 14 septembre 2012

Mykonos, île des vents


 
Pour se rendre à Mykonos, une île des Cyclades grecques, il ne faut pas être trop pressé et avoir le pied un peu marin. Après 9 heures de vol à partir de Montréal, une heure et demie d’autobus pour se rendre au port d’Athènes, 5 heures d’attente pour le bateau qui avait un léger retard, le plus pénible restait à venir. Moi qui adore voguer sur l’eau et qui n’avait jamais eu le mal de mer, le trajet de 4 heures sur la Méditerranée pour atteindre Mykonos m’enthousiasmait au plus haut point. Après une nuit blanche à voyager et une journée à attendre sous un soleil de plomb, cette traversée ne devait être qu’une formalité…Sauf que cette journée-là, des vents à écorner les bœufs et une mer déchaînée ont fait valser, et le mot est faible, notre jet des mers. À un moment donné, j’ai vraiment crû qu’on allait basculer sur le côté, la ligne d’horizon de la mer disparaissait complètement du hublot de haut en bas. Ma voisine d’arrière banc a passé le voyage la tête dans un sac, à vomir, parfois dedans, parfois à côté. J’ai tout tenté pour ne pas entendre, pour ne pas sentir, le cœur bien accroché, je faisais diversion à mon malaise en pensant aux beaux paysages qui nous attendaient. Car pour le moment, tout ce que je voyais, c’était de l’eau gicler dans les fenêtres et des vagues énormes faire vaciller le bateau. Et moi qui croyais la Méditerranée si tranquille, comme un miroir…

Une fois arrivée, le splendide coucher de soleil visible de notre balcon a vite fait oublier le périple. Quelle magnifique île, quelle magnifique mer. Les petites maisons bleues et blanches  sont comme sur les cartes postales. Nous marchons durant des heures dans les petites ruelles, qui dans le jour, ne sont pas très achalandées. Par contre, le soir, lorsque les touristes débarquent en masse des gros paquebots des mers venus pour la soirée, Mykonos devient un haut lieu d’animation et de fête. Les grecs ont l’habitude de souper vers 21h-22h, c’est tard, mais on prend vite le rythme méditerranéen lorsqu’on est en vacances et que rien ne presse.
 

La nourriture grecque est excellente, une des meilleures que j’ai mangées. Habituellement, en voyage, je mange les saveurs du pays en abondances les premiers jours, et après quelques jours, j’ai toujours des envies de mets plus nord-américains pour faire changement. Pas cette fois-ci, tout est tellement bon, frais et variés, on ne s’en lasse pas. La moussaka goûte le ciel, le féta n’a rien à voir avec celui de Saputo qui fermente dans l’eau bien trop salée. Les tomates, en abondance, goûtent comme si elles sortaient directement du potager. Les olives, les aubergines, les épinards, le poisson, l’agneau, les pitas, la liste est longue de tous les petits trésors culinaires qui font notre bonheur Nous sommes loin de la Casa grecque. Ah et le vin grec, peu connu chez-nous, est très bon, surtout le rosé. Sur l’île, il n’y a que du vin grec, et c’est tant mieux.
 
 

Côté culturel, nous sommes allées à l’île de Delos, patrimoine mondial de l’Unesco. Sur Wiképidia, il est écrit  que Zeus immobilisa cette île qui était flottante pour que Léto, poursuivie sur terre et sur mer par la jalousie d'Héra, trouvât enfin un asile où elle pût mettre au monde ses jumeaux, Apollon et Artémis. Cette île a connu son apogée au VI siècle avant Jésus-Christ…hey qu’on se sent petit lorsqu’on se promène à travers ces vestiges millénaires.

 J’écris ces références car nous étions à peu près les seules qui n’étaient pas en groupe organisé avec guide, on a donc trouvé nos informations par nous-mêmes. Nous détestons les groupes organisés, et le files à la queue leu leu, alors on est parties dès le début à l’opposé du groupe. Nous nous sauvions dès l’arrivée du troupeau dans notre secteur. C’est pourquoi sur les photos,  l’île semble déserte.


Nous avons également loué une petite voiture pour visiter l’île et nous permettre d’aller se baigner à deux plages différentes. Puisqu’on désirait une automatique, plutôt rare en Europe, il n’y avait qu’une Smart décapotable ! Wow, à peine grosse comme un dé à coudre, j’avais l’impression de rouler dans un go-kart, sur les pentes étroites et sinueuses de l’île.

À la plage, il y en avait plusieurs qui se prenaient pour des dieux et déesses grecs, dans leur plus simple appareil, les kikis et les lolos à l’air. Nous avons dû passer pour des extrémistes du textile, avec nos maillots, nous étions presque en minorité.

Ainsi s’achève notre séjour à Mykonos, demain nous quittons pour trois jours à Naoussa, village de pêcheur sur l’île de Paros.

vendredi 17 août 2012

Encore un voyage!



Lorsque nous sommes revenues du Vietnam au début du mois de mars, une enveloppe en provenance de la France nous attendait : nous sommes conviées au mariage de Pascal, le frère de Val, et de sa conjointe Audrey, en région parisienne, le 22 septembre!

Nous n’avions pas encore défait nos valises, notre tête était toujours en Asie, et nous voilà déjà en train de penser à notre prochain voyage…dans 6 mois! Un mariage à Paris, il y a quand même plus triste comme invitation!

Bon, Paris, c’est super, mais tant qu’à aller en Europe, allons ailleurs également! À Paris, nous sommes en terrain connu, j’y ai travaillé, voyagé à quelques reprises, et Val y a vécu plusieurs années.

C’est ainsi que je repars la tête dans les nuages, à planifier un nouveau voyage. Mais où irons-nous ? Le premier choix s’était d’abord orienté vers l’Italie. Je me voyais bien assise à une terrasse, sirotant un verre de Chianti, avec une pointe de Napolitaine, tout en admirant le Colisée de Rome. Finalement, les prix exorbitants de l’hébergement auront vite freiné mes rêves de Dolce vita.

Alors, pourquoi pas Londres ? C’est à trois petites heures de train sous la Manche. Ce sera juste après les Jeux Olympiques, moment idéal pour profiter de rabais intéressants. Ouais mais Londres en septembre ? C’est la pluie et la grisaille, c’est la fête à la grenouille. Ah non! L’hiver chibougamois est déjà assez long, on veut du soleil!

Et pourquoi pas la Grèce ? Disons que le pays fait la manchette depuis quelques années davantage pour sa faillite économique que pour ses attraits touristiques. Des menaces de grève, notamment dans les transports, planent sur le pays. Les mesures d’austérité frappent de plein fouet le pays de Zeus et le peuple est révolté.

Bon, la Grèce, ce n’est quand même pas la Syrie, on ne risque pas de se faire descendre par une armée rebelle! Le pire qui peut nous arriver est de rester coincé sur une île, faute de traversier. On a déjà vu pire comme désagrément : «  bon ben, tu parles au diable, nous sommes prises sur l’île de Mykonos! Pis en plus il fait beau et chaud, et nous sommes obligées de se baigner dans la Méditerranée. J’en peux plus des souvlakis et des tzatzikis, au secours!!!»

 Les prix alléchants pour l’avion et l’hébergement ont finalement achevé rapidement notre réflexion : nous irons faire le plein de soleil dans les îles grecques, et effectuer l’ascension de l’Acropole, à Athènes. Nous serons bronzées et reposées pour terminer en beauté, par le mariage de Pascal et Audrey, suivi de quelques jours à Paris, question de passer du bon temps avec la famille et les amis et de faire le plein de saucissons et autres cochonnailles.

Je suis déjà allée en Grèce, il y a une éternité, alors que j’étudiais à Lyon. Mes parents m’avaient offert, pour Noël, une passe de train  5 jours en Europe, puisque je devais passer les Fêtes loin de la famille. Je suis donc allée le plus loin que me permettait ce billet, en Grèce. Je conserve toujours, dans mes boîtes de souvenirs, quelques photos de mauvaise qualité et un buste d’un dieu grec sur une colonne, une quétainerie dont je ne me suis jamais résolue à jeter.

Il parait que l’organisation des Jeux Olympiques, en 2004, a complètement changé le visage d’Athènes, qui est dorénavant plus moderne et mieux organisée au niveau du transport. J’ai hâte de voir si le bordel routier dont je me souviens existe encore. La ville était tellement congestionnée, à l’époque, que les propriétaires de voiture, n’avaient le droit de circuler qu’un jour sur deux, en fonction du numéro pair ou impair de leur plaque d’immatriculation. Je me souviens également de l’intense pollution citadine. Le soir, j’avais les oreilles et le nez noir, c’est pour dire! J’ai donc hâte de voir cette nouvelle Athènes, 20 ans plus tard!

Nous quittons le 9 septembre et nous débuterons notre voyage en mettant immédiatement le cap sur Mykonos, célèbre île des Cyclades. Un traversier rapide nous y amènera en deux heures, à partir du port de Rafina, près d’Athènes. Nous traverserons ensuite pour quelques jours sur l’île de Paros, avant de terminer par la capitale grecque. Ensuite, un vol de trois heures nous transportera à Paris pour la fin du périple.

Au début, je n’avais pas l’intention d’écrire un blogue sur ce voyage. Après celui du Vietnam, je me disais que celui-ci serait bien ennuyant. Au Vietnam, tout était tellement différent, intense, tout était matière à écrire. Cette fois, il me semble que le voyage sera plutôt pépère, il n’y aura pas autant d’anecdotes à raconter. Et le voyage ne sera pas aussi long!  Mais notre amie Cathy m’a presque ordonnée d’en faire un, pour lui permettre de rêver un peu et de voyager à nouveau avec nous! Je vais donc écrire quelques récits de voyage, pour permettre à ceux qui seront au travail, de s’évader un peu, et à nous, de conserver des écrits que l’on pourra se remémorer, en radotant, à nos 80 ans!