Pour se rendre à Mykonos, une île
des Cyclades grecques, il ne faut pas être trop pressé et avoir le pied un peu
marin. Après 9 heures de vol à partir de Montréal, une heure et demie d’autobus
pour se rendre au port d’Athènes, 5 heures d’attente pour le bateau qui avait
un léger retard, le plus pénible restait à venir. Moi qui adore voguer sur
l’eau et qui n’avait jamais eu le mal de mer, le trajet de 4 heures sur la
Méditerranée pour atteindre Mykonos m’enthousiasmait au plus haut point. Après
une nuit blanche à voyager et une journée à attendre sous un soleil de plomb,
cette traversée ne devait être qu’une formalité…Sauf que cette journée-là, des
vents à écorner les bœufs et une mer déchaînée ont fait valser, et le mot est
faible, notre jet des mers. À un moment donné, j’ai vraiment crû qu’on allait basculer
sur le côté, la ligne d’horizon de la mer disparaissait complètement du hublot de
haut en bas. Ma voisine d’arrière banc a passé le voyage la tête dans un sac, à
vomir, parfois dedans, parfois à côté. J’ai tout tenté pour ne pas entendre,
pour ne pas sentir, le cœur bien accroché, je faisais diversion à mon malaise
en pensant aux beaux paysages qui nous attendaient. Car pour le moment, tout ce
que je voyais, c’était de l’eau gicler dans les fenêtres et des vagues énormes
faire vaciller le bateau. Et moi qui croyais la Méditerranée si tranquille,
comme un miroir…
Une fois arrivée, le splendide
coucher de soleil visible de notre balcon a vite fait oublier le périple.
Quelle magnifique île, quelle magnifique mer. Les petites maisons bleues et
blanches sont comme sur les cartes
postales. Nous marchons durant des heures dans les petites ruelles, qui dans le
jour, ne sont pas très achalandées. Par contre, le soir, lorsque les touristes
débarquent en masse des gros paquebots des mers venus pour la soirée, Mykonos
devient un haut lieu d’animation et de fête. Les grecs ont l’habitude de souper
vers 21h-22h, c’est tard, mais on prend vite le rythme méditerranéen lorsqu’on
est en vacances et que rien ne presse.
La nourriture grecque est
excellente, une des meilleures que j’ai mangées. Habituellement, en voyage, je
mange les saveurs du pays en abondances les premiers jours, et après quelques
jours, j’ai toujours des envies de mets plus nord-américains pour faire
changement. Pas cette fois-ci, tout est tellement bon, frais et variés, on ne
s’en lasse pas. La moussaka goûte le ciel, le féta n’a rien à voir avec celui
de Saputo qui fermente dans l’eau bien trop salée. Les tomates, en abondance,
goûtent comme si elles sortaient directement du potager. Les olives, les aubergines,
les épinards, le poisson, l’agneau, les pitas, la liste est longue de tous les
petits trésors culinaires qui font notre bonheur Nous sommes loin de la Casa
grecque. Ah et le vin grec, peu connu chez-nous, est très bon, surtout le rosé.
Sur l’île, il n’y a que du vin grec, et c’est tant mieux.
Côté culturel, nous sommes allées
à l’île de Delos, patrimoine mondial de l’Unesco. Sur Wiképidia, il est
écrit que Zeus immobilisa cette île qui était flottante
pour que Léto, poursuivie sur terre et sur mer par la
jalousie d'Héra, trouvât enfin un asile où elle pût
mettre au monde ses jumeaux, Apollon et Artémis. Cette île a connu son apogée au VI siècle
avant Jésus-Christ…hey qu’on se sent petit lorsqu’on se promène à travers ces
vestiges millénaires.
J’écris ces références
car nous étions à peu près les seules qui n’étaient pas en groupe organisé avec
guide, on a donc trouvé nos informations par nous-mêmes. Nous détestons les
groupes organisés, et le files à la queue leu leu, alors on est parties dès le
début à l’opposé du groupe. Nous nous sauvions dès l’arrivée du troupeau dans
notre secteur. C’est pourquoi sur les photos, l’île semble déserte.
Nous avons également loué une petite voiture pour visiter l’île et nous
permettre d’aller se baigner à deux plages différentes. Puisqu’on désirait une
automatique, plutôt rare en Europe, il n’y avait qu’une Smart
décapotable ! Wow, à peine grosse comme un dé à coudre, j’avais
l’impression de rouler dans un go-kart, sur les pentes étroites et sinueuses de
l’île.
À la plage, il y en avait plusieurs qui se prenaient pour des dieux et
déesses grecs, dans leur plus simple appareil, les kikis et les lolos à l’air.
Nous avons dû passer pour des extrémistes du textile, avec nos maillots, nous
étions presque en minorité.
Ainsi s’achève notre séjour à Mykonos, demain nous quittons pour trois
jours à Naoussa, village de pêcheur sur l’île de Paros.
